Georges Tigui-Hilairet

Georges Tigui-Hilairet, 19 ans

« Un événement historique. »

Georges, étudiant en droit et résident à la cité Descartes, a quitté le Cameroun à 12 ans pour vivre à Bouresse, un village de la Vienne, près de Lussac-les-Châteaux. Il s’est pris de passion pour le vélo, a su très tôt qu’il voulait devenir juge aux affaires familiales.

J’ai quitté Yaoundé, au Cameroun, à 12 ans pour m’installer avec ma mère et son nouveau compagnon à Bouresse, dans un village près de Lussac-les-Châteaux. Je suis passé d’une capitale africaine animée à ce petit coin tranquille de la Vienne. Au début, j’ai eu du mal à m’adapter, me faire des amis dans ma classe de cinquième, me faire comprendre, j’ai eu envie de rentrer tout de suite. Heureusement, j’ai développé un grand intérêt pour le vélo. De temps en temps, je fais une trentaine de kilomètres à travers la campagne autour de Lussac-les-Châteaux. Mais la vie est vraiment différente de celle que j’avais en Afrique. Heureusement que je suis un lecteur de mangas, One piece, Dr Stone, One punch man. Au Cameroun, j’ai grandi avec ma mère, médecin, qui était séparée de mon père. Il est décédé lorsque j’avais 11 ans, peu de temps avant mon départ en France. Je suis allé au lycée de Montmorillon, dans la Vienne, et c’est à cette époque que je me suis intéressé au droit avec une envie forte de devenir juge des affaires familiales, défendre les enfants. Je suis actuellement en première année de droit à Poitiers et je réside à la cité Descartes. J’ai une grande sœur qui est conseillère financière à Paris et une petite sœur, collégienne, que ma mère a eue avec son nouveau compagnon, Français. Au début du confinement, j’ai ressenti de la tristesse, je voyais tous ces morts et je m’inquiétais pour mes tantes, mes cousins et mes cousines. J’avais tout le temps peur qu’ils soient contaminés.

Mais ça va, au Cameroun il n’y a pas eu trop de cas officiellement. Je ressentais cette tristesse et cette peur du virus mais je pouvais quand même voir mes amis, et ma copine qui est en faculté de langues. De ma chambre, je n’avais pas une très belle vue du premier étage. Pendant le confinement, j’ai cuisiné, j’aimais bien faire de la pâtisserie. Les gens se parlaient et j’en ai rencontré de nouveaux dans la résidence. Depuis qu’elle vit en France, ma mère n’est plus médecin, elle n’a pas été en contact avec des victimes. Cela fait sept ans que je ne suis pas rentré au pays, il me manque, c’est mon pays d’origine. J’allais en vacances dans le village de mes grands-parents dans la brousse et j’allais avec mon grand-père marcher, dans les champs ramasser le manioc, la patate douce, l’igname. Depuis, mon grand-père est décédé. Les fêtes de famille me manquent un peu. Je pensais y aller cet été mais ce n’est pas facile de trouver du travail actuellement. Avant, j’allais travailler à Intermarché en vélo, l’été, lorsque j’étais encore à Lussac-les-Châteaux. Cet été, j’ai postulé pour des jobs en grande surface, j’aimerais bien trouver à Poitiers, c’est plus facile de se déplacer en bus. Je garde ma chambre entre deux années universitaires, c’est mon univers. Et puis le Crous n’est jamais vide, on croise toujours du monde même en plein été. L’atmosphère commence à redevenir normal… Mais ce virus est un événement historique mondial. Je suis croyant, vous trouverez peut-être cela ridicule, mais je vois cela comme une sorte de punition de Dieu, l’humanité a commis trop d’atrocités.

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